HISTOIRE DE LA MAISON

1946 – La création

La maison française Georges Morand, c’est l’histoire d’une famille qui puise sa force dans l’excellence du métier de gantier. De génération en génération, la maison a su conserver son authenticité, ses grades de qualité, d’exception et d’esthétisme tout en misant sur l’innovation et la technique pour attaquer le XXIème siècle avec sérénité et audace.

Georges Morand, fils d’un maitre gantier, fonde la maison avec sa femme. Implantée à Saint-Junien au coeur de la France en Limousin, la maison Georges Morand bénéficie dans cette ville d’une tradition gantière remontant au 11ème siècle. Déjà à cette époque une très large partie des habitants de Saint-Junien travaille dans le secteur de la ganterie. Au bord de la Vienne et au cœur d’un bassin d’élevage important, la maison Georges Morand jouit de la situation privilégiée de Saint-Junien. La ville est depuis longtemps un centre de travail des peaux et du cuir. La vienne est quant à elle un atout de taille avec une eau pure, matière première précieuse pour le travail du cuir.

1956 – La transmission
René Morand, son fils, rejoint la maison en débutant comme coupeur.
1958 – Les gants techniques

Première collaboration avec l’armée française pour laquelle Georges Morand élabore des modèles de gants de très haute technicité et engage une collaboration qui perdure encore aujourd’hui. La ganterie familiale se voit ainsi reconnue et développe encore aujourd’hui des gants extrêmement techniques destinés aux Administrations françaises et étrangères.

1980 – Un nouvel élan

René Morand prend la tête de la maison et poursuit l’essor de l’entreprise perpétuant ainsi la tradition. Dans la continuité de son père, il crée des pièces audacieuses pour l’époque.

1986 – Un gant révolutionnaire
Premier gant ALAT conçu tout spécialement pour l’armée de l’air française et fabriqué encore aujourd’hui.
1993 – De père en fils

Frédéric Morand, fils de René Morand, rejoint à son tour l’aventure de la maison.

1994 – Le luxe
La maison Georges Morand crée des gants pour Inès de La Fressange. L’année est ponctuée également par l’arrivée de Nicole Morand à la tête du style.
1995 – En famille, ils perpétuent le savoir-faire

Nathalie Morand, fille de René Morand, rejoint à son tour la maison. Elle redonne avec son frère Frédéric un nouvel élan à la maison en développant la marque à l’international.La maison Georges Morand est ainsi appréciée aujourd’hui dans de nombreux pays tels que le Japon, la Russie, les États-Unis et bientôt la Chine.Tous ces nouveaux clients apprécient le savoir-faire traditionnel de la maison, son style immédiatement reconnaissable et l’emploi de matériaux de très grand luxe.

1996 – Les gants de vol, un fleuron de la maison

Premier Gant tactile sans coutures aux doigts mis au point pour les pilotes de l’armée de l’Air. Des gants de vol tactiles encore inégalés dans le monde.

 

1998 – Une nouvelle manufacture

La maison Georges Morand s’installe tout près de ses anciens ateliers au cœur de Saint-Junien dans une nouvelle manufacture plus ergonomique et écologique diminuant ainsi son impact CO².

2000 – La patte d’un styliste hors pair
Début de la collaboration avec le styliste Pierre Louis Mascia

qui a pour mission de créer des modèles extraordinaires.

2002 – De nouvelles technologies
Acquisition de machines ultra performantes dont une machine de découpe assistée par ordinateur pour la création de gants toujours plus techniques.
2002 – Retour sur le marché français
Redéploiement de la marque Georges Morand auprès des détaillants français par la création d’une gamme accessible en cuir d’agneau, plus classique, mais toujours réalisée dans le plus strict respect du savoir-faire traditionnel.
2010 – Une prestigieuse distinction, le label EPV

Georges Morand se voit distinguer par le label d’État « Entreprise du Patrimoine Vivant » (EPV) par le ministère de l’industrie et des PME, gage de savoir-faire d’excellence.

2011 – Acquisition de Ganteb’s
Reprise de la société Ganteb’s, créateur de vestes et d’accessoires mode en maille et tissu, spécialiste de la confection de gants, chapeaux, d’écharpes et étoles. L’association des deux savoir-faire crée un nouveau pôle d’excellence en Limousin, capable de répondre à toutes les demandes des clients français et étrangers et de leur proposer une gamme complète de produits, du gant en dentelle pour l’été au modèle en cuir le plus chaud, en passant par des vestes et des hauts créatifs et originaux.
2012 – Changement de direction artistique
Nicole Morand reprend la tête du bureau de styleafin d’harmoniser les gammes du nouvel ensemble créé par l’association des marques Georges Morand et Ganteb’s. La création de nouveaux produits, profitant de l’union des savoir-faire des deux entités, ne connait aucune limite technique, « the sky is the limit ».


.

HISTOIRE DU GANT

IL Y A 27 000 ANS
Découverts dans la tombe de Toutankhamon, les plus vieux gants du monde retrouvés dateraient de 1350 av. JC. Trois paires de gants étaient à l’intérieur. Ils étaient probablement employés pour le tir à l’arc.

La période médiévale marque un tournant dans l’utilisation du gant. De simple objet de protection, il accède au rang de symbole, dans une société féodale qui en fait grand usage. Devenu une pratique courante dans toute la Gaule depuis la fin de l’Antiquité, le port du gant est d’abord réservé à des occupations bien précises : le travail, le combat ou la parade. Dès la fin du Vllle siècle, Charlemagne donne un droit de chasse illimité à l’une des abbayes de l’Empire, ainsi que l’autorisation pour les moines de fabriquer des gants avec les peaux des animaux tués. Le IXème siècle atteste un début d’enrichissement du gant. C’est ainsi que le gant fauconnier est mis en valeur par des pierreries ou des broderies d’argent, ou que le gant féminin est de plus en plus souvent réalisé en peau fine et souple ou en tissu, Cependant, il faudra attendre le XVIème siècle pour assister à la consécration du gant comme accessoire naturel de la parure féminine.

LA NAISSANCE DU MÉTIER DE GANTIER

Le metier de gantier fait son apparition officielle au XIIème siècle, lorsque Louis IX demande à Étienne Boileau (ou Boillesve), Prévôt de Paris, une révision et une codification des règlements appliqués aux corporations. Ce travail donnera lieu à un Livre des métiers, qui cite la profession de gantier. À partir de 1420, une véritable corporation s’implante à Paris, Tours, Grasse, Rouen et Grenoble.

La mode de parfumer le gant date du XlIème siècle et révolutionne la profession de gantier. Cette tendance se généralise au point que, dès 1190, à Paris, parfumeurs et gantiers s’unissent souvent en un seul et même métier. Ce n’est pourtant qu’au XVème siècle que les statuts de la corporation des gantiers-parfumeurs qualifient les maîtres-gantiers de gantiers-parfumeurs. Des armoiries datant de 1426 témoignent d’ailleurs de cette fusion. «Que ceux qui se mêlent de ganterie feront leurs gants bons et valables ; ne mettront pas à un gant de chevreau autre peau que du chevreau, les gants de mouton pareillement, en bon cuir, sous peine de cinq sols d’amende.» Telle est, au XVème siècle, la profession de foi des gantiers qui, comme tous les métiers, se doivent de choisir un saint patron. Non pas un mais plusieurs saints patrons sont attachés au métier de gantier-parfumeur. En effet, dès 1426, à Paris, sainte Anne, choisie par les gantiers, est mentionnée dans des lettres patentes. Plus tard, sainte Madeleine, patronne des métiers qui adoucissent et assouplissent le cuir – la mégisserie notamment – est également adoptée. On retrouve aussi saint Gond ou saint Gan, saint Barthélemy, saints Crépin et Crépinien, saint Martin, saint Jean-Baptiste (particulièrement fêté à Niort) et saint Nicolas.

Une telle profusion de protecteurs tient en réalité à la multitude des métiers intervenant dans le travail de la peau. Le gant acquiert ses lettres de noblesse tout au long du Moyen-Âge. Il devient une composante rituelle du sacre des rois de France à Reims et le symbole de leur autorité, qu’ils tiennent de l’onction divine. Dans ce cas précis, sa présentation reste sobre, car il doit être brûlé par la suite. Mais le gant est également synonyme de décision royale. Lorsque le roi accorde à une ville le droit de marché ou lui octroie le privilège de battre monnaie, la règle veut qu’il envoie un gant. Progressivement, au XlVème siècle, la signification du gant s’enrichit et se diversifie. Marque de déférence et d’étiquette, de gratification et de supplique, le gant est tout naturellement employé comme présent diplomatique. À la fin du XVème siècle, son port est définitivement banalisé et cet accessoire s’intègre désormais à la tenue vestimentaire.

LE MOYEN AGE

De la fin du Moyen-Âge à la Révolution, le gant est l’objet de tous les caprices et de toutes les audaces, dans une débauche de luxe telle qu’il serait aujourd’hui bien difficile de l’imaginer si les oeuvres d’art de l’époque, et notamment celles des grands maîtres de la peinture, ne l’avaient immortalisée.

Luxe et raffinement, deux mots qui qualifient à la perfection l’époque qui va de la Renaissance à la Révolution. Un vent de sophistication souffle en effet sur le royaume de France, à partir du règne de François ler. De l’architecture au vêtement, tout est prétexte à la magnificence. Le gant, devenu prolongement de l’habit, s’adapte lui aussi au goût du jour : peaux précieuses, fils d’or et broderies raffinées,… rien n’est trop beau pour cet objet bijou qui fait désormais partie intégrante de la parure des dames.

Ainsi, Marguerite de Valois, première épouse d’Henri IV, fait garnir ses gants de diamants. Henriette de France, fille de ce dernier et de sa seconde épouse Marie de Médicis, reçoit comme seuls présents de noces, lors de son mariage avec Charles ler d’Angleterre, en 1621, six paires de gants ornés de pierres précieuses et de perles. C’est dire la valeur que l’on accorde à cet accessoire. Pour avoir une idée de cet engouement, il n’est qu’à se pencher sur les trois cent quarante-sept paires de gants recensées dans les effets personnels de la reine Anne d’Autriche, à la mort de cette dernière. Tout, dans le gant, est synonyme de luxe, à commencer par son prix exorbitant. À l’époque de Louis XIII, celui de peau brune à revers de velours noir brodé d’or, qu’un gentilhomme se doit de jeter aux pieds de son adversaire pour le provoquer en duel, peut atteindre soixante-dix écus. Au début du règne de Louis XIV, les plus simples fabriqués par Martial, le gantier à la mode, coûtent cinquante écus.

Dès le XVIIème siècle, le gant de peau supplante celui en tissu. Cependant, il reste le privilège des personnes de haut rang : la classe moyenne n’en a pas encore adopté l’usage et les travailleurs manuels le délaissent de plus en plus. Sous le règne de Louis XIV, porter le gant est de bon ton : «Il faut avoir le gant quand on donne la main à une dame» écrit, en 1675, Antoine Courtin dans son nouveau Traité de la civilité qui se pratique en France parmi les honnêtes gens. Si le XVIème siècle, et plus encore le XVIlème, éblouissent par un luxe exubérant, le XVIIIéme siècle joue plutôt la sobriété dans l’ornementation, tout en diversifiant les styles. Un accessoire surchargé n’est plus de mise ; en revanche, il est impératif d’en changer plusieurs fois par jour. Signe des temps, la nonchalance et l’élégance discrète remplacent l’ostentation des siècles précédents. L’économie de la ganterie, tout naturellement, vit au rythme de cette vogue. D’ailleurs, sous le règne de Louis XIII, le fisc ne manque pas de se pencher attentivement sur le commerce du gant, comme le prouve cet extrait du tarif des gabelles de la ville d’Avignon, daté de 1625 : «Sur les gants en peau de daim ou de cerf, ceux en peau de chamois, garnis d’or ou d’argent ou de franges, vingt-quatre sous par douzaine seront versés au fisc».

Tout au long des XVIlème et XVIllème siècles, la ganterie se développe, en dépit des graves crises qui secouent la France. Au XVIllème siècle, elle connaît les premières tensions entre les maÎtres-gantiers et leurs apprentis : la confiance mutuelle se perd. C’est pourquoi, en 1727, des statuts sont rédigés par les maîtres-gantiers afin de contenir les difficultés pouvant surgir entre eux ou avec leurs employés. Entre 1734 et 1756, les affaires sont plutôt bonnes, en particulier entre 1746 et 1750, années les plus florissantes de ce siècle pour le commerce du gant. La France profite en effet d’une paix durable et les fabriques prospèrent, grâce aux exportations vers l’Angleterre et les colonies d’Amérique. Après quelques années noires, entre 1756 et 1774, dues à un trop-plein d’exportation de matière première, l’année 1775 marque un nouveau départ : les douanes intérieures sont supprimées et, parallèlement, les droits généraux sur les peaux brutes et mégissées sont maintenus. Ce redémarrage va pourtant pâtir de la Révolution qui s’annonce.

DE 1789 AU NOUVEL EMPIRE

En deux siècles, de la Révolution française à nos jours, l’histoire du gant a subi plus de bouleversements qu’elle n’en avait connus durant les époques passées. Alors que la France vivait au rythme des longs cycles de transformation de l’Ancien Régime, elle a soudain dû faire face, à partir de 1789, à des à-coups intenses venus modifier l’économie du pays et, par là même, l’industrie gantière. Anéantissement de l’agriculture, de l’industrie et du commerce, désordre général à l’intérieur du pays et guerres interminables hors des frontières : ce triste tableau est celui de la France à la chute de la royauté. Dans ce paysage désolé, que peut devenir une industrie dont la clientèle est uniquement composée des gens riches et parmi les plus favorisés ? Les uns ont fui le pays, les autres sont ennemis de la République.

La période révolutionnaire porte sur le devant de la scène une bourgeoisie d’affaires moins soucieuse d’élégance, apanage de l’aristocratie sous l’Ancien Régime. Toute forme de respect, de convenance et de courtoisie – suspecte d’appartenir à un monde révolu – est proscrite et l’élégance devient un luxe dangereux. Le gant subit les foudres des nouveaux législateurs. Une personne portant des gants peut désormais se voir accusée d’être un mauvais citoyen. Durant cette période, l’industrie gantière souffre de ces terribles dispositions. De la fin de la terreur au premier empire, le gant court est à nouveau porté, mais ses adeptes ne sont plus aussi nombreux.

Sous le Directoire, puis le Consulat, une nouvelle élite dirigeante voit le jour. Les hommes qui en sont issus symbolisent l’effort, l’honorabilité et le courage, sans pour cela posséder le bon ton de l’Ancien Régime. Ils n’éprouvent, en fait, que le besoin d’imiter les usages d’un autre temps. C’est véritablement sous l’Empire que le gant fait un retour en force, grâce à l’impératrice Joséphine, qui réintroduit le gant long. Cette mode persiste jusqu’à la révolution de juillet.

DU XIXème au second empire

Cependant, c’est durant ce XIXème que la fabrication du gant doit faire face à deux problèmes majeurs. Le premier est extérieur au pays : si, au départ, la fabrication bénéficie de la vigueur du commerce, due aux victoires napoléoniennes, les guerres successives engagées par l’empereur pénalisent à terme l’activité avec la plupart des États d’Europe et les États-Unis. En effet, des droits exorbitants sont dressés là où les produits français arrivent. Le second est interne : le contexte dans lequel évolue la fabrication du gant en France est pour le moins sclérosé.

Jusqu’au milieu du XIXème siècle, l’industrie gantière demeure encore relativement artisanale. Chaque région productrice se suffit à elle-même pour la plupart des produits dont elle a besoin. Cette situation explique pourquoi, jusque dans les années 1850, le développement de cette activité reste lent, son essor limité et ses techniques assez rudimentaires.

La révolution industrielle vers le milieu du XIXème siècle, va apporter un souffle nouveau à l’industrie gantière. D’une part, grâce à la spécialisation, qui perfectionne la fabrication et améliore la productivité. Par cette innovation, la ganterie va accoucher de trois industries distinctes : la mégisserie, la teinturerie et la ganterie proprement dite. D’autre part, grâce aux inventions du maître-gantier grenoblois Xavier Jouvin, qui constituent des progrès décisifs, sans pour autant révolutionner la fabrication : avec le calibrage et la main de fer, on peut désormais atteindre le gant exact et parfait. Si la révolution industrielle favorise l’installation de fabricants de gants dans les grandes villes du monde entier, la supériorité de la fabrication française reste encore incontestée.

C‘est sous le second empire que la ganterie prospère. Les origines de cette vitalité sont multiples: tout d’abord le goût du luxe qui caractérise l’époque, et que la Cour impériale incarne par ses fêtes continuelles et fastueuses. Le gant est alors un accessoire nécessaire à toute femme et tout homme du monde qui se respecte. Ensuite, la France est l’état le plus florissant d’Europe et jouit des inventions les plus fécondes. Dans ses industries, elle dispose d’un matériel qui dépasse en qualité celui des autres pays, ses ouvriers sont les plus habiles et ses manufactures les plus renommées.

Enfin, l’industrie du gant profite de l’adhésion de la France au système de libre-échange, qui facilite les exportations et attire la clientèle étrangère. Quelques chiffres sont révélateurs de sa bonne santé : en 1851, l’exportation française de gants s’élève à trois cent treize mille kilogrammes déclarés en douane, soit une valeur approximative de quarante millions de francs. En 1867, sa production annuelle est de deux millions de douzaines de gants, soit une valeur de huit cents millions de francs. À cette époque, l’industrie gantière occupe soixante-dix mille personnes.

De 1870 au XXème
La guerre de 1870 marque un ralentissement industriel dans le pays. Cependant, bien que Paris soit assiégé par les troupes prussiennes, les villes de Grenoble, Millau, Niort et Saint-Junien continuent de voir affluer des commandes en provenance d’Angleterre et des États-Unis. La rareté du gant, due à cette période troublée, provoque une flambée des prix et les fabriques en activité réalisent alors de gros bénéfices.

L‘année 1872 marque un tournant. L’industrie gantière mondiale entre dans une période de transformation c’est l’arrivée de l’emporte-pièce et de la machine à coudre. Le gant peut être fabriqué à bas prix. Dès lors, la seule façon pour la ganterie française d’imposer ses produits aux consommateurs passe par une qualité supérieure. Cette exigence ne s’est jamais démentie depuis.

A compter de la fin du XIXème et tout au long du XXème siècle, l’industrie gantière connaît des hauts et des bas, calqués sur les soubresauts et les crises qui jalonnent l’histoire. Si, en 1878, la production est de quatre-vingts millions de francs, elle s’élève à quatre-vingt-dix millions en 1889, la moitié de ce chiffre d’affaires étant réalisée à l’exportation. Jusqu’en 1900, elle reste stationnaire puisqu’elle atteint quatre-vingt-treize millions de francs cette année-là. Pendant cette période, l’industrie subit l’influence directe des traités de commerce, ainsi que l’élévation ou l’abaissement des tarifs douaniers des pays étrangers. À la veille de la Première Guerre mondiale, la production affiche cent vingt millions de francs, et cela malgré une très forte concurrence.

Tout au long du XXème siècle, l’industrie gantière doit faire face aux évolutions de la consommation et de l’habillement. Elle doit aussi affronter une concurrence venue d’Extrême-Orient et du Bassin méditerranéen. Pourtant, en cette fin de siècle, elle peut toujours s’enorgueillir, à juste titre, de l’intérêt renouvelé que manifestent à son endroit les représentants de l’industrie du luxe. Les superbes modèles des grands couturiers et créateurs, dessinés à l’occasion d’expositions, en sont une preuve indiscutable.